Après une édition 2019 ou j'avais fini pété en 2, une tendinite au talon d'Achille, des irritations en veux tu en voilà, des fourmillements de partout, et bien 1 mois et demi de rémission, il m'avait cependant fallu à peine 3 jours pour me dire que je reviendrais. Me revoilà donc à Rambouillet pour 1220 bornes de casse-pattes Breton ♥
Je suis avec les brothers @jeveuxmonbébéàlacrème et @cov qui sont chauds comme la braise. Leurs récits qualitatifs et leurs résultats sont stratosphériques, il va falloir bucher pour aller titiller tout ça dans 4 ans. Oui pas d'annonce ni de teaser trop long, j'ai adoré cette édition, je reviendrai avec un plaisir non dissimulé participer à cette grande fiesta. Pour le récit, je vais faire court (dans la mesure du possible), parce que j'ai essayé d'apprécier au mieux le moment, et je ne vais pas vous le cacher, j'ai kiffé.
L'entraînement
Après avoir enchaîné des années aux entrainements croissants, et à l'inverse de mes deux cuisseux frangins, mon entraînement est minable cette année comparé à ceux de 2022 ou 2021. J'ai quasiment deux fois moins roulé, j'ai au moins trois fois moins de dénivelé dans les pattes que nécessaire, je ne fais plus de vélo pour le plaisir en dehors des BRMs et Velocio.
J'ai cependant acquis une compétence à la pause rapide et à la gestion de roulage à la cool.
L'objectif.
Zéro bobo.
Bonus si moins de 60h comme en 2019.
En vrai arriver avant minuit serait top, et faisable en gérant bien. Mais si plus de 60h ce sera déjà vachement cool. La base c'est de ne pas se cramer. Et surtout de ne pas avoir de stress parasite en route.
Le Samedi
Je passe la récup de dossard ultra simple sans le contrôle des machine cette année, les rencontres au concours de Machine, et sur le site, ou on croise déjà plein de têtes connues (Membres des clubs d'ici et ailleurs, cyclo des BRMs passés, Membres de Pignole et j'en passe).
Une nuit chez le papy avec douche, repas chaud et lit. C'est bonnard même si le sommeil est plutôt léger.
L'avant départ
Une fois sur le site, on va déjeuner dans la tente prévu a cet effet à la première heure pour éviter une cohue habituelle dans ce genre d'événement. On croise encore des têtes connues, on rencontre déjà de nouvelles personnes. Tout se passe bien et sans stresse, tout le monde est dans de bonnes conditions pour cette aventure qui s'offre à nous.
Préparation finale du vélo, dernière petite "sieste" à l'ombre pour se libérer de l'atmosphère suffocante, et on descend finalement pour le contrôle des machines et mon départ sas A.
Préchauffe
Une dernière photo pour la postérité avec les frangins devant l'arche du départ, et je suis déjà à la grosse bourre. Toute les vagues A et B ont été contrôlées et attendent de passer sur la ligne de départ. En 2 minutes je grille la vague C qui s'engage tout juste au contrôle, passe sans soucis, fais tamponner ma carte, remonte toute la vague B dans le sas d'attente, et rejoins mes compagnons de départ. A peine arrivé dans mon groupe, direction la ligne de départ sous le soleil.
Gros avantage à cette démarche d'être à la bourre, c'est qu'on attend moins longtemps. Je suis donc finalement très content et discute avec des spectateurs jusqu'à la libération des 250 partants.
Départ
Bon, c'est un poil casse gueule ce faux plat gravilloneux. Déjà des lampes tombes, des trucs se cassent, et des cyclistent manquent de mordre la poussière. C'est tendu, je vais donc me concentrer sur ma stratégie. Safe & Pépouze de bout en bout.
Je démarre cool, et sans surprise je suis à la fin du paquet assez rapidement. Au loin, la largeur de la route est blindée de cyclo compétiteurs. Ca m'enlève un gros stress d'être là à gérer mon rythme avec d'autres cyclistes calmes. On voit le groupe principale s'éloigner au fur et à mesure de l'avancée.
Ca roule
Ma stratégie, ne pas en faire une pour garder du jus tout du long.
Bon je reste quand même en groupe la majorité du temps, dans les roues si possible (raton un peu), mais si je dois tourner les pattes je ne rechigne pas à l'effort.
Notre groupe éclate lorsque le sas B nous dépasse, c'est l'anarchie. Je continue seul, on reforme un groupe plus loin et ça continue tranquilou.
A 10km de Mortagne, @cov me fait un grand coucou et trace sa route avec le sas C. Je ne le reverrais jamais. In fine, il aura bien 150 à 200 bornes d'avances sur moi.
Mortagne
Touche & Go bidon et sandwich, je reparts en 2 ou 3 minutes chrono. Voilà, rouler doucement, s'arrêter pas longtemps. C'est pas très Boulange style, mais le beau maillot que j'ai recupérer le Vendredi, je ne l'ai pas encore testé.
Je roule majoritairement seule à partir de ce moment là jusqu'à Brest.
Objectif pas un coup de pédale plus fort qu'un autre.
Je fais de super rencontre, des Allemands, des Anglais, des Américains, tous surpris par le fais que je sois Français à cause du drapeau Suisse au cul du Wholauser, de la connotation Allemande du nom, et du fais que je parle Anglais parfaitement. Merci le taf en tout cas pour ça, c'est génial de pouvoir discuter à l'international sans soucis.
Je sers à un moment de point de support à un gars en perdition qui me remercie au point de contrôle suivant.
Villaine/Fougères/Tinténiac
Idem, tampon, eau, dwich, go. 5 à 10 minutes sur place max et on file. @jeveuxmonbébéàlacrème me fais coucou dans le noir à Villaine. On repart ensemble sur 5 bornes. Je le laisse quand ça commence à monter. Ils ont trop la frite les jeunes.
Loudéac
Mon beau papa et son beau frère et pote d'enfance sont là. Ils font un tour de Bretagne en vélo bikepacking sur la semaine et en profitent pour passer nous voir. Bref ça fait trop plaisir.
Ils ont loupé @cov à la sortie de la tente, roule trop vite celui là. Ils ont croisé @jeveuxmonbébéàlacrème qui vient de flinguer le buffet de petit dej et qui reparts au moment ou j'arrive.
Bref, je discute un peu et repars seul sur mon train de sénateur.
Canihuel, Carhaix, Brest.
Ca déroule.
Je mange, je bois, j'avance à mon rythme.
Les gens sont partout sur le bord des routes. Je suis fan de l'ambiance. C'est dur à décrire, mais c'est trop de plaisir que d'être ici à faire ce qu'on aime au milieu d'une année ou je n'ai pas pu faire de vélo plaisir. J'ai l'impression qu'on me félicite d'être là à prendre mon pied.
Je me fais dépasser à un moment en recevant un grand "Merci j'ai retrouvé mes jambes!" de la parts du gars que j'ai tracté précédemment. Histoire à suivre pour le teaser.
Brest
Bon l'arrivée est chier dans le nouveau sens. Surtout à l'heure de pointe.
Le contrôle est le plus mauvais de tout le parcours de mon point de vue.
Je fais un poil de mécanique (wax de chaine, serrage de mon étrier arrière), une mini sieste, je mange un peu, je me pose au frais et prends une heure en tout. Ma plus longue pause sur le trajet.
Le départ est aussi pourrave avec le raidillon de bâtard et la redescente vers la râde.
Le seul bon point de Brest, c'est la sortie par le pont, et surtout, les fraises offertes entrée à Plougastel ♥♥♥
Pleyben, Carhaix
La partie la plus vénère du trajet. Testée en partie sur les BRMs de l'année, je savais que ça allait être pas facile. Mais ça déroule, et les gens sont toujours géniaux.
Je discute avec un Finlandais. Beaucoup plus fun que ceux que je côtoie au taf. J'apprends que les premiers sont environ 400 bornes devant. Amagaude...
Toujours des arrêts courts, avec tampon, bouffe, boisson, et des discussions qui s'invitent avec les bénévoles tous plus gentils les uns que les autres.
Loudéac/Tinténiac/Fougères
Je n'ai pas mal au cul, pas de blessure particulière. Les mains commencent à piquer un peu. La fatigue commence à apparaître.
Un petit dodo de 15 minutes sous un arbre avant Loudéac, parce que début d'hallucinations. Des petits bonhommes surgissent de partout. Les taches sur la route, les feuilles, les bosquets. C'est marrant, mais ça va cinq minutes. Ca repart comme si de rien.
Je roule 97% du temps seul, mais arrive à suivre 3 larrons avant d'arriver à Fougères sur une vingtaine de bornes. Sur les prolos sur de belles sections droite, je prends même quelques relais. La forme est là, mais faut pas se claquer. Je les laisse partir dans la bosse à l'entrée de Fougères.
Le vent se fait sentir, bien que léger, mais de face, depuis Tinténiac. C'est un peu chiant, mais bon j'arriverais au bout pépouze.
Tampon, miam, glouglou, blabla, go.
Villaines/Mortagne
Sa mère la chaleur. Pas que j'ai fondamentalement chaud, mais vous voyez la sensation d'une poêle chaude collée sur vous? Eh bien c'est cette sensation que me font les rayons du soleil qui frappent mon cul. Incroyable.
Je m'arrête dans des ravitos improvisés le long de la route, les gens sont géniaux. Tellement de plaisir partout. C'est vraiment ça le kiffe PBP quand tu ne te donne pas d'objectif temps. Je n'en avais pas profité il y a quatre ans, je suis refait.
Bon ça casse moyenne un peu, ça augmente mes temps de pause, mais c'est vraiment valable en terme d'expérience.
Je fini par accrocher 2 Allemands qui bombardent, un Anglais qui fait sont 7e PBP, et un Americain jusqu'à Mortagne.
Mortagne
Contrairement à l'allée, je me fais mon premier, et seul repas complet de tout ce PBP.
L'ambiance est trop cool, je passe une bonne demi heure à discuter avec les jeunes et les accompagnateur du PBP des jeunes. Les gamins sont trop motivés et mettent la misère à leur accompagnant sur le vélo. Il leur reste deux étapes jusqu'à l'arrivée Vendredi. 120 pour moi. Dans 6 heures on va dire.
Dreux
Je déroule, et n'arrive pas à m'entendre avec un groupe de cycliste. Je n'aime pasleur rythme, eux n'aiment pas le mien, ça ne sert à rien de forcer une relation qui ne marche pas. Et c'est fatigant.
D'ailleurs des petites halu refont leur apparition.
Cette fois plus de personnage, mais tous les végétaux sont des bandelettes de papier, c'est étonnant mais très graphique. Les mouvements avec le vent sont vraiment joli. Je reste cependant concentré sur ma route et suis rejoint par une féminine, solo aussi, qui m'accompagne jusqu'à Dreux.
Il fait vachement moins froid qu'il y a quatre ans. Facile 12 degrés de plus. C'est vraiment agréable. J'y arrive presque au moment ou je franchissais la ligne de Rambouillet en 2019.
60h c'est toujours faisable, mais bon, ça ne sert à rien de s'enerver.
2 bonne part de brownie chocolat plus tard et c'est reparti, solo encore. 40 bornes et on y sera.
Rambouillet
La route est toujours plus longue au ressenti que prévu dans ces dernières portions.
Arrivé au panneau 10km, ça me gave. Je me lance dans un chrono final sur les prolos, bec de selle et ou je repasse même le grand plateau pour avaler les bornes en enfilant les virages, les carrefours, et les grands bouts droits autour du parc de la Bergerie.
Il y a du monde à l'arrivé. C'est génial, tellement plus accueuillant qu'il y a 4 ans ou j'avais franchi dans le froid une ligne vide de monde. J'adore, le smile jusque là. Oui vivement 2027.
Je franchi la ligne en 60h32m11s. Je n'ai mal nul part. Objectif atteint.
Détente
Tampon, médaille, @jeveuxmonbébéàlacrème me prends en photo. Il dord avec @cov au fond de la tente du concours sur les palettes de serviettes de la cantine. Pour le moment je suis dans l'euphorie de l'arrivée.
La douche est la parfaite.
J'ai tout le matos sur moi, tenue de rechange, serviette, savon, bref, au final avec le reste 2 bon kilos que j'ai trimballé pour rien, mais je suis content de les avoir maintenant. Je ressort du PBP tout beau, tout neuf tout propre avec la dalle.
Je me fais aborder par un gars tout propre tout neuf que je ne reconnais pas. Souvenez vous du gars à qui j'ai servi de support avant Loudéac, qui m'a dépassé avant Brest. Eh bien il m'informe qu'il a abandonné à 80km de l'arrivée. Mais pourquoi me dis-je? Il lui restait forcément au moins 25h pour finir dans les temps. La logique m'échappe parfois.
Le repas d'arrivée est au poil.
J'ai encore des connaissances dans les bénévoles sur place. Je m'offre une binouze pour le bonus. Un pote de BRM qui arrive peu de temps après se joint à moi. Je profite, à l'insu de mon plein gré, du moment ou il part se chercher à boire pour m'endormir sur place. @cov me réveille X temps plus tard. J'ai le nez au-dessus de mon Paris Brest, des couvertures sur le dos. Les bénévoles sont vraiment supers.
Retour
On rentre sur Nantes le soir même après une série d'événement. Passage dans un podcast avec les brothers.
Bu une bière avec @GrosNaze.
Récupéré du matos, oui forcément toutes les occasions sont bonnes. Il faut que je vous montre le bidule maintenant.
Être allé voir le papy et lui avoir conté nos exploits.
Récup
Il fait un temps dégueulasse le jeudi sur Nantes.
Tampis pour la sorti récup en mode Boulange, ça attendra Vendredi pour la validation du matos qui est au poil je dois l'avouer. Si vous n'avez pas joué il faudra attendre le drop 3. J'ai au moins un collègue de taf qui a craqué ;)
Dans tous les cas, dans quatre ans je ne sais pas quelle sera ma stratégie.
En slip ou tri-fonction pour un arrachage total et faire mieux que les 51h40 de @cov, ou à nouveau pépouze pour kiffer tout du long.
Quoi qu'il en soit, si vous avez envie de tenter l'expérience, c'est faisable. Il y a quatre ans pour apprendre les rudiments du long roulage, de l'habituation physique et surtout du dépassement mental qui est finalement le plus important sur ce genre d'événement.
Solo (vs avec assistance en 2019) - Vachement mieux pour l'ambiance.
60h32 en tout (vs 58h45 en 2019) - Bon bha il n'y a plus qu'à faire plus rapide.
8h de pause seulement (vs 11h30 en 2019) - Il y a moyen de retirer 3h sans soucis en étant un peu concentré tout du long.
23.3 de moyenne de roulage (vs 26 en 2019) - En se musclant les cuisses et perdant 10 kilos ça va forcément plus vite.
Zéro bobo (vs 1 mois et demi de récup en 2019) - Dur de faire mieux sur ce point là.
PBP 2023
Petite-Balade-Pépouze
Après une édition 2019 ou j'avais fini pété en 2, une tendinite au talon d'Achille, des irritations en veux tu en voilà, des fourmillements de partout, et bien 1 mois et demi de rémission, il m'avait cependant fallu à peine 3 jours pour me dire que je reviendrais. Me revoilà donc à Rambouillet pour 1220 bornes de casse-pattes Breton ♥
Je suis avec les brothers @jeveuxmonbébéàlacrème et @cov qui sont chauds comme la braise. Leurs récits qualitatifs et leurs résultats sont stratosphériques, il va falloir bucher pour aller titiller tout ça dans 4 ans. Oui pas d'annonce ni de teaser trop long, j'ai adoré cette édition, je reviendrai avec un plaisir non dissimulé participer à cette grande fiesta. Pour le récit, je vais faire court (dans la mesure du possible), parce que j'ai essayé d'apprécier au mieux le moment, et je ne vais pas vous le cacher, j'ai kiffé.
L'entraînement
Après avoir enchaîné des années aux entrainements croissants, et à l'inverse de mes deux cuisseux frangins, mon entraînement est minable cette année comparé à ceux de 2022 ou 2021. J'ai quasiment deux fois moins roulé, j'ai au moins trois fois moins de dénivelé dans les pattes que nécessaire, je ne fais plus de vélo pour le plaisir en dehors des BRMs et Velocio.
J'ai cependant acquis une compétence à la pause rapide et à la gestion de roulage à la cool.
L'objectif.
Zéro bobo.
Bonus si moins de 60h comme en 2019.
En vrai arriver avant minuit serait top, et faisable en gérant bien. Mais si plus de 60h ce sera déjà vachement cool. La base c'est de ne pas se cramer. Et surtout de ne pas avoir de stress parasite en route.
Le Samedi
Je passe la récup de dossard ultra simple sans le contrôle des machine cette année, les rencontres au concours de Machine, et sur le site, ou on croise déjà plein de têtes connues (Membres des clubs d'ici et ailleurs, cyclo des BRMs passés, Membres de Pignole et j'en passe).
Une nuit chez le papy avec douche, repas chaud et lit. C'est bonnard même si le sommeil est plutôt léger.
L'avant départ
Une fois sur le site, on va déjeuner dans la tente prévu a cet effet à la première heure pour éviter une cohue habituelle dans ce genre d'événement. On croise encore des têtes connues, on rencontre déjà de nouvelles personnes. Tout se passe bien et sans stresse, tout le monde est dans de bonnes conditions pour cette aventure qui s'offre à nous.
Préparation finale du vélo, dernière petite "sieste" à l'ombre pour se libérer de l'atmosphère suffocante, et on descend finalement pour le contrôle des machines et mon départ sas A.
Préchauffe
Une dernière photo pour la postérité avec les frangins devant l'arche du départ, et je suis déjà à la grosse bourre. Toute les vagues A et B ont été contrôlées et attendent de passer sur la ligne de départ. En 2 minutes je grille la vague C qui s'engage tout juste au contrôle, passe sans soucis, fais tamponner ma carte, remonte toute la vague B dans le sas d'attente, et rejoins mes compagnons de départ. A peine arrivé dans mon groupe, direction la ligne de départ sous le soleil.
Gros avantage à cette démarche d'être à la bourre, c'est qu'on attend moins longtemps. Je suis donc finalement très content et discute avec des spectateurs jusqu'à la libération des 250 partants.
Départ
Bon, c'est un poil casse gueule ce faux plat gravilloneux. Déjà des lampes tombes, des trucs se cassent, et des cyclistent manquent de mordre la poussière. C'est tendu, je vais donc me concentrer sur ma stratégie. Safe & Pépouze de bout en bout.
Je démarre cool, et sans surprise je suis à la fin du paquet assez rapidement. Au loin, la largeur de la route est blindée de cyclo compétiteurs. Ca m'enlève un gros stress d'être là à gérer mon rythme avec d'autres cyclistes calmes. On voit le groupe principale s'éloigner au fur et à mesure de l'avancée.
Ca roule
Ma stratégie, ne pas en faire une pour garder du jus tout du long.
Bon je reste quand même en groupe la majorité du temps, dans les roues si possible (raton un peu), mais si je dois tourner les pattes je ne rechigne pas à l'effort.
Notre groupe éclate lorsque le sas B nous dépasse, c'est l'anarchie. Je continue seul, on reforme un groupe plus loin et ça continue tranquilou.
A 10km de Mortagne, @cov me fait un grand coucou et trace sa route avec le sas C. Je ne le reverrais jamais. In fine, il aura bien 150 à 200 bornes d'avances sur moi.
Mortagne
Touche & Go bidon et sandwich, je reparts en 2 ou 3 minutes chrono. Voilà, rouler doucement, s'arrêter pas longtemps. C'est pas très Boulange style, mais le beau maillot que j'ai recupérer le Vendredi, je ne l'ai pas encore testé.
Je roule majoritairement seule à partir de ce moment là jusqu'à Brest.
Objectif pas un coup de pédale plus fort qu'un autre.
Je fais de super rencontre, des Allemands, des Anglais, des Américains, tous surpris par le fais que je sois Français à cause du drapeau Suisse au cul du Wholauser, de la connotation Allemande du nom, et du fais que je parle Anglais parfaitement. Merci le taf en tout cas pour ça, c'est génial de pouvoir discuter à l'international sans soucis.
Je sers à un moment de point de support à un gars en perdition qui me remercie au point de contrôle suivant.
Villaine/Fougères/Tinténiac
Idem, tampon, eau, dwich, go. 5 à 10 minutes sur place max et on file.
@jeveuxmonbébéàlacrème me fais coucou dans le noir à Villaine. On repart ensemble sur 5 bornes. Je le laisse quand ça commence à monter. Ils ont trop la frite les jeunes.
Loudéac
Mon beau papa et son beau frère et pote d'enfance sont là. Ils font un tour de Bretagne en vélo bikepacking sur la semaine et en profitent pour passer nous voir. Bref ça fait trop plaisir.
Ils ont loupé @cov à la sortie de la tente, roule trop vite celui là. Ils ont croisé @jeveuxmonbébéàlacrème qui vient de flinguer le buffet de petit dej et qui reparts au moment ou j'arrive.
Bref, je discute un peu et repars seul sur mon train de sénateur.
Canihuel, Carhaix, Brest.
Ca déroule.
Je mange, je bois, j'avance à mon rythme.
Les gens sont partout sur le bord des routes. Je suis fan de l'ambiance. C'est dur à décrire, mais c'est trop de plaisir que d'être ici à faire ce qu'on aime au milieu d'une année ou je n'ai pas pu faire de vélo plaisir. J'ai l'impression qu'on me félicite d'être là à prendre mon pied.
Je me fais dépasser à un moment en recevant un grand "Merci j'ai retrouvé mes jambes!" de la parts du gars que j'ai tracté précédemment. Histoire à suivre pour le teaser.
Brest
Bon l'arrivée est chier dans le nouveau sens. Surtout à l'heure de pointe.
Le contrôle est le plus mauvais de tout le parcours de mon point de vue.
Je fais un poil de mécanique (wax de chaine, serrage de mon étrier arrière), une mini sieste, je mange un peu, je me pose au frais et prends une heure en tout. Ma plus longue pause sur le trajet.
Le départ est aussi pourrave avec le raidillon de bâtard et la redescente vers la râde.
Le seul bon point de Brest, c'est la sortie par le pont, et surtout, les fraises offertes entrée à Plougastel ♥♥♥
Pleyben, Carhaix
La partie la plus vénère du trajet. Testée en partie sur les BRMs de l'année, je savais que ça allait être pas facile. Mais ça déroule, et les gens sont toujours géniaux.
Je discute avec un Finlandais. Beaucoup plus fun que ceux que je côtoie au taf. J'apprends que les premiers sont environ 400 bornes devant. Amagaude...
Toujours des arrêts courts, avec tampon, bouffe, boisson, et des discussions qui s'invitent avec les bénévoles tous plus gentils les uns que les autres.
Loudéac/Tinténiac/Fougères
Je n'ai pas mal au cul, pas de blessure particulière. Les mains commencent à piquer un peu. La fatigue commence à apparaître.
Un petit dodo de 15 minutes sous un arbre avant Loudéac, parce que début d'hallucinations. Des petits bonhommes surgissent de partout. Les taches sur la route, les feuilles, les bosquets. C'est marrant, mais ça va cinq minutes. Ca repart comme si de rien.
Je roule 97% du temps seul, mais arrive à suivre 3 larrons avant d'arriver à Fougères sur une vingtaine de bornes. Sur les prolos sur de belles sections droite, je prends même quelques relais. La forme est là, mais faut pas se claquer. Je les laisse partir dans la bosse à l'entrée de Fougères.
Le vent se fait sentir, bien que léger, mais de face, depuis Tinténiac. C'est un peu chiant, mais bon j'arriverais au bout pépouze.
Tampon, miam, glouglou, blabla, go.
Villaines/Mortagne
Sa mère la chaleur. Pas que j'ai fondamentalement chaud, mais vous voyez la sensation d'une poêle chaude collée sur vous? Eh bien c'est cette sensation que me font les rayons du soleil qui frappent mon cul. Incroyable.
Je m'arrête dans des ravitos improvisés le long de la route, les gens sont géniaux. Tellement de plaisir partout. C'est vraiment ça le kiffe PBP quand tu ne te donne pas d'objectif temps. Je n'en avais pas profité il y a quatre ans, je suis refait.
Bon ça casse moyenne un peu, ça augmente mes temps de pause, mais c'est vraiment valable en terme d'expérience.
Je fini par accrocher 2 Allemands qui bombardent, un Anglais qui fait sont 7e PBP, et un Americain jusqu'à Mortagne.
Mortagne
Contrairement à l'allée, je me fais mon premier, et seul repas complet de tout ce PBP.
L'ambiance est trop cool, je passe une bonne demi heure à discuter avec les jeunes et les accompagnateur du PBP des jeunes. Les gamins sont trop motivés et mettent la misère à leur accompagnant sur le vélo. Il leur reste deux étapes jusqu'à l'arrivée Vendredi. 120 pour moi. Dans 6 heures on va dire.
Dreux
Je déroule, et n'arrive pas à m'entendre avec un groupe de cycliste. Je n'aime pasleur rythme, eux n'aiment pas le mien, ça ne sert à rien de forcer une relation qui ne marche pas. Et c'est fatigant.
D'ailleurs des petites halu refont leur apparition.
Cette fois plus de personnage, mais tous les végétaux sont des bandelettes de papier, c'est étonnant mais très graphique. Les mouvements avec le vent sont vraiment joli. Je reste cependant concentré sur ma route et suis rejoint par une féminine, solo aussi, qui m'accompagne jusqu'à Dreux.
Il fait vachement moins froid qu'il y a quatre ans. Facile 12 degrés de plus. C'est vraiment agréable. J'y arrive presque au moment ou je franchissais la ligne de Rambouillet en 2019.
60h c'est toujours faisable, mais bon, ça ne sert à rien de s'enerver.
2 bonne part de brownie chocolat plus tard et c'est reparti, solo encore. 40 bornes et on y sera.
Rambouillet
La route est toujours plus longue au ressenti que prévu dans ces dernières portions.
Arrivé au panneau 10km, ça me gave. Je me lance dans un chrono final sur les prolos, bec de selle et ou je repasse même le grand plateau pour avaler les bornes en enfilant les virages, les carrefours, et les grands bouts droits autour du parc de la Bergerie.
Il y a du monde à l'arrivé. C'est génial, tellement plus accueuillant qu'il y a 4 ans ou j'avais franchi dans le froid une ligne vide de monde. J'adore, le smile jusque là. Oui vivement 2027.
Je franchi la ligne en 60h32m11s. Je n'ai mal nul part. Objectif atteint.
Détente
Tampon, médaille, @jeveuxmonbébéàlacrème me prends en photo. Il dord avec @cov au fond de la tente du concours sur les palettes de serviettes de la cantine. Pour le moment je suis dans l'euphorie de l'arrivée.
La douche est la parfaite.
J'ai tout le matos sur moi, tenue de rechange, serviette, savon, bref, au final avec le reste 2 bon kilos que j'ai trimballé pour rien, mais je suis content de les avoir maintenant. Je ressort du PBP tout beau, tout neuf tout propre avec la dalle.
Je me fais aborder par un gars tout propre tout neuf que je ne reconnais pas. Souvenez vous du gars à qui j'ai servi de support avant Loudéac, qui m'a dépassé avant Brest. Eh bien il m'informe qu'il a abandonné à 80km de l'arrivée. Mais pourquoi me dis-je? Il lui restait forcément au moins 25h pour finir dans les temps. La logique m'échappe parfois.
Le repas d'arrivée est au poil.
J'ai encore des connaissances dans les bénévoles sur place. Je m'offre une binouze pour le bonus. Un pote de BRM qui arrive peu de temps après se joint à moi. Je profite, à l'insu de mon plein gré, du moment ou il part se chercher à boire pour m'endormir sur place.
@cov me réveille X temps plus tard. J'ai le nez au-dessus de mon Paris Brest, des couvertures sur le dos. Les bénévoles sont vraiment supers.
Retour
On rentre sur Nantes le soir même après une série d'événement.
Passage dans un podcast avec les brothers.
Bu une bière avec @GrosNaze.
Récupéré du matos, oui forcément toutes les occasions sont bonnes. Il faut que je vous montre le bidule maintenant.
Être allé voir le papy et lui avoir conté nos exploits.
Récup
Il fait un temps dégueulasse le jeudi sur Nantes.
Tampis pour la sorti récup en mode Boulange, ça attendra Vendredi pour la validation du matos qui est au poil je dois l'avouer. Si vous n'avez pas joué il faudra attendre le drop 3. J'ai au moins un collègue de taf qui a craqué ;)
Dans tous les cas, dans quatre ans je ne sais pas quelle sera ma stratégie.
En slip ou tri-fonction pour un arrachage total et faire mieux que les 51h40 de @cov, ou à nouveau pépouze pour kiffer tout du long.
Quoi qu'il en soit, si vous avez envie de tenter l'expérience, c'est faisable. Il y a quatre ans pour apprendre les rudiments du long roulage, de l'habituation physique et surtout du dépassement mental qui est finalement le plus important sur ce genre d'événement.
Datas
Le Strava 2023 est là pour ceux qui veulent voir.
En stats parallèles avec 2019 ici pour les plus curieux.